Architecture et urbanisme

Rucher inzerki (Taddart inzerki) idpcm:D5BAE

le monument et désigné par deux noms : Taddart inzerki c’est-à-dire : Le rucher du village d’Inzerki et Taddart ugrram, c’est-à-dire : Le rucher du saint

Taddart ugrram

La case est l’élément de base de cette ingénieuse architecture. Les cases sont construites avec la pierre et la terre et sont couvertes de branchages et d’une couche de terre. Elles sont disposées en trois ou quatre étages superposés formant des compartiments distincts séparés par des poutres plantées verticalement. L’étage inférieur de chaque compartiment reste vide et sert à la ventilation et à l’écoulement de l’eau des précipitations ; aménagée directement sur le sol, cette case est accessible aux rongeurs, aux insectes et autres animaux pouvant endommager les précieuses ruches et les abeilles qu’elles contiennent.

les compartiments sont jointifs et constituent de longues rangées distinctes dites « asqqif » alignées du nord au sud. Les compartiments épousent l’inclinaison du terrain et se présentent sous formes de gradins géants remontant le flanc de la montagne. Un compartiment annexe se trouve à quelques dizaines de mètres plus au sud.

Références


    • Warning: main() [function.main]: Node no longer exists in /var/www/idpc/web/tpl/public/page_view.php on line 242

      Warning: main() [function.main]: Node no longer exists in /var/www/idpc/web/tpl/public/page_view.php on line 242

      - Lapourre Olivia, 2014, Analyse de l’évolution d’un outil apicole à valeur productive en objet à valeur patrimoniale étude de cas : Le rucher collectif d’Inzerki, commune rurale Argana, Maroc, Mémoire de fin étude, Ecole supérieure d’Agro-Développement international, Cedex.

Relations

  • Autres relations

Chronologie

Datation par période : Entre : 19e siècle (1844 à )
Datation par intervalle de dates : Entre : 1818
Et : 1846
Source de datation : Archive, Tradition orale
Commentaire libre : Les indices fournis par la tradition orale et les archives écrites permettent donc de placer la mise en place du Rucher actuel d’Inzerki dans la première moitié du 19e siècle.

Matériaux et techniques de construction

Matériaux du gros oeuvre : pisé, moellon
Techniques du gros oeuvre : appareil simple en moellons
Type de couverture : toit plat
Matériaux de couverture : bois
Matériaux et techniques de revêtement du sol : terre battue

Notice historique et descriptive

Historique :

D’après un récit de fondation recueilli auprès des habitants du village d’Inzerki, le lieu de l’aménagement du rucher collectif aurait été choisi par sidi mohamed u-Lhusayn, grand saint qui habitait à Tafilalt, village situé à environ une journée de marche du site au cœur du versant nord du Haut Atlas. Ce saint est originaire de la région de Draa ; il serait arrivé dans le Haut Atlas occidental vers 1234 de l’Hégire (1818-1819 après JC), pour y enseigner les sciences religieuses et contribuer à la diffusion de la confrérie nasirya jusqu’à sa mort en 1280 de l’Hégire (1863-1864 après JC)[Aït Bounser, 2019, p.57]. Ce qui laisse supposer que le rucher aurait été aménagé entre 1818 et 1865  après JC.

Par ailleurs, les familles du village d’Inzerki possèdent des archives écrites constituées pour la majeure partie d’actes de vente, d’achat ou d’hypothèques de terre, d’animaux d’arbres fruitiers, de bijoux… Certains actes avaient pour objet les cases de rucher collectif, dont ils permettent d’obtenir des dates servant de jalons pour suivre le fonctionnement. Le document le plus ancien que nous avons consulté date du Joumada al-awwal 1262 de l’Hégire ( 1846 après JC). Cet acte nous apprend qu’un habitant du village el-meslla, situé à quelques heures de marche du rucher, obtient l’usage et la jouissance provisoires d’un compartiment de cases (Rakeb) appartenant à une famille d’Inzerki au titre d’une vente à réméré.

Les indices fournis par la tradition orale et les archives écrites permettent donc de placer la mise en place du Rucher actuel d’Inzerki dans la première moitié du 19e siècle. Mais ce qui est certain c’est que les traditions apicoles sont enracinées dans l’Histoire de la région et que les habitants déposaient leurs essaims dans des ruchers familiaux ou collectifs depuis plusieurs siècles. Il est donc possible de supposer que lorsque le saint sidi mohamed u-Lhusayn est arrivé dans la région au 19e siècle, il n’a probablement fait que sanctifier un rucher existant. Des recherches approfondies dans les archives des familles du village permettraient de dater avec précision la période de l’apparition du rucher collectif et de suivre son évolution dans le temps et dans l’espace.

Le Rucher était toujours au cœur des préoccupations des usagers qui entretenaient régulièrement ses structures. Mais à partir des années quatre-vingts, la sécheresse commence à affecter les ressources en eau et le couvert végétal entrainant une régression de la place de l’apiculture dans l’économie des habitants. Le rucher est sévèrement affecté par cette sécheresse ; il ne remplit plus sa fonction de grand « centre » de production du miel. Le nombre des essaims déposés dans les cases ne cesse de diminuer et le monument n’est plus entretenu comme il se doit.

Le rucher a été entièrement rénové après des travaux des de reconstruction de grande ampleur réalisés en 1986 et en 2005. 

Description :

La case est l’élément de base de cette ingénieuse architecture. Les cases sont construites avec la pierre et la terre et sont couvertes de branchages et d’une couche de terre. Elles sont disposées en trois ou quatre étages superposés formant des compartiments distincts séparés par des poutres plantées verticalement. L’étage inférieur de chaque compartiment reste vide et sert à la ventilation et à l’écoulement de l’eau des précipitations ; aménagée directement sur le sol, cette case est accessible aux rongeurs, aux insectes et autres animaux pouvant endommager les précieuses ruches et les abeilles qu’elles contiennent.

les compartiments sont jointifs et constituent de longues rangées distinctes dites « asqqif » alignées du nord au sud. Les compartiments épousent l’inclinaison du terrain et se présentent sous formes de gradins géants remontant le flanc de la montagne. Un compartiment annexe se trouve à quelques dizaines de mètres plus au sud.

Intérêt de l'œuvre : - La valeur historique Le monument est l’un des derniers témoins d’un important héritage apicole unique à l’échelle nationale. En effet cette région du Haut Atlas occidental était célèbre pour la grande quantité du miel qu’elle produisait et de la cire qu’elle expédiait à Taroudant[ḥawwȃla ḥubusiya de Taroudant p.86] et à Marrakech pour la fabrication des cierges [Colin, 1931:235]. La cire était également vendue aux commerçants européens qui fréquentaient les ports de Safi, de Tafdna à Haha et d’Agadir depuis le début du 16e siècle [Marmol,1984 :25 ]. - La valeur architecturale Certes, le monument a été entièrement rénové en 2005, mais sa reconstruction a reproduit le schéma ancien avec des compartiments constitués de cases superposées. Les compartiments forment de longes rangées parallèles et disposées en terrasses étagées le long du flanc de la montagne. Cette architecture unique est spécifique à cette région du Haut Atlas occidental ; elle diffère des formes de ruchers connues dans d’autres régions du royaume. La valeur culturelle : les habitants perpétuent des pratiques apicoles ancestrales. Ils connaissent les noms et les caractéristiques des plantes et leur valeur mellifères. Ils se transmettent de génération en génération des pratiques et des savoir-faire se rapportant aux abeilles et l’extraction du miel. Par ailleurs, ils ont tissée des récits et une riche tradition orale relative à la pratique de l’apicole traditionnelle. La valeur économique L’économie d’Anezrki et des villages voisins reposait sur trois piliers : l’agriculture, l’apiculture et l’élevage des caprins. Mais cette économie traditionnelle ne peut plus survivre à la baisse significative des pluies depuis trois décennies. Dans ce cadre, le rucher collectif se présente comme une opportunité pour encourager le tourisme culturel dans ce milieu rural.

Etat de conservation

État général de conservation : Moyen
Date de vérification : décembre 2020
Commentaire libre : Le rucher compte environs 1200 cases qui ne contiennent plus que quelques ruches servant plutôt à la démonstration aux touristes pour leur exposer les caractéristiques de l’apiculture traditionnel.

Protection / Statut juridique

Type de protection : inscrit
Référence du text de protection : Arrêté du Ministre de la Culture de la Jeunesse et des Sports n° 2677-20 du 2 novembre 2020
Date de protection : 2 novembre 2020