Patrimoine immatériel

"Errma", " الرمى" (la chasse au sloughi) idpcm:97E436

Autre identifiant : الصيد بالسلوقي

Communauté concernée : -Tribu de Oulad jamaa et Chraka au nord-ouest de Fès. - Eleveurs et chasseurs au territoire de Sidi Hrazem -Est de Fès-. - Praticiens arabes et amazighs dans la localité de Ait Izem (Province d’El Hajeb). - Famille Soujaa : célèbre éleveur de sloughi authentique du Maroc. - Membres de la Fédération Royale Marocaine de la Chasse traditionnelle, auteurs de plusieurs festivals de chasse traditionnelle au Maroc.

La chasse au sloughi est une pratique ancestrale très ancrée dans la société marocaine. Omniprésente presque partout, elle considérée comme un évènement festif très prisé par les communautés des chasseurs ; appartenant à des tribus arabes ou amazighes relevant dans diverses régions du pays. L’événement consiste à organiser une chasse à courre en se servant d’une meute de chiens de type sloughi pour rattraper des chacals, des renards, des lièvres ou encore des sangliers. Lors d’une scène de chasse, l’animal livre ainsi des poursuites extrêmement rapides et efficaces qui procurent ainsi, beaucoup de joie et de fierté, non seulement à son maître et aux chasseurs, mais aussi à toute la tribu à laquelle il appartient. La valeur du sloughi lui est attribuée grâce à ses capacités de chasse exceptionnelles. Tout comme le cheval ou le faucon, la possession d’un sloughi est considérée comme signe de noblesse et de richesse. La chasse au sloughi renferme des expressions culturelles et des manifestations anthropologiques très riches en relation avec l’élevage du sloughi d’une part, et avec l’ambiance festive liée à l’événement de chasse, d’autre part.

Caractéristiques de l'élément

Éléments matériels associés : chiens de type sloughi - costume traditionnel - battons - gibier
Éléments immatériels associés : eulogies - cris – croyances – dictons.
Langue utilisée : Dialecte arabe marocain er amazigh
Origine perçue :

Maroc

Personnes et institutions associées

Praticien(s) | Interprète(s) : -Mohamed Soujaa, Homme de 65 ans, président de la Fédération Royale Marocaine de la Chasse Traditionnelle. -Yassine Jamali, Homme de 56 ans, vétérinaire et éleveur, membre du club du sloughi à la société centrale canine du Maroc -Omari Moha, Homme de 58 ans, Eleveur et chef de chasse شيخ الرمى
Autres participants : -Hicham Bouaire, Homme de 38 ans, éleveur et chasseur (localité Ait izem Provine El Hajeb) -Ahmed Soujaa, Homme de 42 ans, éleveur et chasseur (localité de Sidi Hrazem près de Fès).
Modes de transmission :

Le mode d’élevage du sloughi et les connaissances et techniques de chasse sont passées de génération à une autre de façon spontanée dans les foyers. Les jeunes sont très attachés au spectacle de chasse. Ils apprennent par la pratique parce qu’ils participent à toutes les étapes de cet évènement sans restriction.

Organisations concernées : -Le Département des Eaux et Forêts , -La Fédération Royale Marocaine de la Chasse Traditionnelle, -La Société Centrale Canine, -Le Club de sloughi à Casablanca

État de l'élément : viabilité

Menaces pesant sur la pratique :

La chasse au sloughi ne peut être autorisée que pour des associations spécialisées qui remplissent un nombre de conditions, dans la période annuelle d’ouverture de la chasse, et ce en vertu de la loi N 582-62 du 3 Novembre 1962. Cela empêche plusieurs amateurs de la chasse traditionnelle à pratiquer ce loisir quand ils veulent. Une modification de cette loi revendiquée par les praticiens et surtout par la Fédération Royale marocaine de la Chasse Traditionnelle n’est pas acceptée par le Département des Eaux et Forêts, instance responsable de gestion des affaires de la chasse au Maroc.

Le sloughi du Maroc bien reconnu par la Fédération Cynélogique Internationale à travers une fiche standard en tant que race authentique n’est pas protégé au Maroc. Aucune loi jusqu’à présent la classe parmi les animaux menacés et ne bénéficie en effet d’aucun programme de valorisation.

Menaces pesant sur la transmission :

La pratique de la chasse à courre est entravée par la loi de 1962. Elle est de moins en moins célébrée et par conséquent ses connaissances ne sont pas bien transmises aux jeunes générations. Le sloughi est utilisé dernièrement surtout pour des expositions de beauté, vendu aux étrangers ou préparé à des activités sportives comme la course. Aucun programme systématique de transmission n'est remarqué, ni initié par l’Etat ou par des associations spécialisées.

Disponibilité des éléments matériels et des ressources associés : Les acteurs de la chasse traditionnelle sont : les chasseurs, le sloughi et le gibier. Ils sont tous repérés dans notre enquête. Cet élément culturel peut être revitalisé en favorisant sa pratique. L’élevage du sloughi du Maroc est un marché florissant, plusieurs éleveurs se sont spécialisés en l’accouplement et l’éducation de cette race.
Viabilité des éléments matériels et immatériels associés : -Plusieurs chasseurs tiennent à pratiquer leur loisir favori de façon illégale. Ils sont très attachés à cette pratique sociale. Ils sont prêts à tout donner pour que cette forme de chasse soit autorisée. Ils se donnent la mission de la préservation de ce patrimoine. - Les associations de la chasse traditionnelle sont une partie prenante importante qui représente un intervenant sur dans la viabilité des éléments matériels et immatériels de cet élément culturel. - Le rituel et les aspects sociologiques relatifs à la préparation, le déroulement et les rencontres d’évaluation des parties de chasse sont bien maitrisés par des chefs de chasse, bien repérés par notre partenaire la Fédération Royale Marocaine de la Chasse Traditionnelle. - La distinction du sloughi du Marocain السلوقي الحر est parfaitement maitrisée par les chasseurs, élément primordial de la chasse. Ils connaissent très bien ses caractéristiques morphologiques. Selon ces détenteurs de patrimoine, aucun autre lévrier ne peut effectuer des poursuites réussies mieux que le sloughi du Maroc
Mesures de sauvegardes existantes :

Notre pays est le berceau officiel et le principal responsable de la préservation et le développement de sloughi du Maroc. Des actions de valorisation de cette espèce d’origine marocaine est à envisager comme :

-          L’organisation d’expositions de beauté pour les spécimens authentiques (beldi) avec des prix aux meilleurs éleveurs.

-          La protection de cet animal typique du Maroc à l’instar d’autres animaux en voie de disparition

-          Renforcement des campagnes de vaccination et de recensement des sloughis authentiques dans le registre initial national

-          Encouragement des opérations d’accouplements pour accroitre la population de cette race.

La chasse au sloughi se pratique dans la plupart des cas par des braconniers hors la loi. Cette contrainte d’ordre législatif n’encourage pas à une pratique régulière de cette activité et ne favorise pas la préservation de ses composantes. Cette réalité exige une révision du cadre juridique relatif à la chasse traditionnelle toute entière au Maroc, et ce à travers une concertation élargie de toutes les parties prenantes dont le ministère de la culture et la Fédération royale marocaine de la chasse traditionnelle.

Un allègement des conditions nécessaires pour l’octroi des autorisations de chasse est souhaité.

État de conservation

État général de conservation : Bon

Protection / Statut juridique

Type de protection : inventorié