Patrimoine immatériel

Moussem Sidi Messaoud idpcm:A7E24

Sidi Messaoud vivait du temps de Moulay El Hassan premier. Sa famille était riche et

respectée. Son père fit venir les plus grands savants de l'époque pour s'occuper de son

éducation. Très vite, il s'oublia totalement dans la lecture et la méditation et se détourna

des plaisirs de la vie.

 

Sa mère s'inquiéta et se confia à son époux qui ne prêta aucune attention à ses paroles

angoissées. Elle s'en affligea et tomba malade. Elle ne mangea plus, perdit le sommeil et

finit par perdre la raison. Aucun médecin ne put trouver remède à son mal. son mari fit un

songe horrible; il vit son fils enchaîner sa mère et la flageller. Réveillé en sursaut, il alla s

confier à un fqih célèbre pour ses 111 prétations des rêves. Ce dernier, après avoir

consulté ses ouvrages cabalistiques, prononça ces mots terribles: «Ton fils, O seigneur,

commande aux djinns – demande lui d'exorciser sa mère des démons qui l'habitent». Le

père, affolé et tremblant de peur, retourna chez lui, appela son fils et lui fit par des

révélations du devin.

 

Sans rien dire le fils se leva, alla à l'étable et se saisit d'une grosse chaîne qui pendait à

une grosse pierre. Il fit venir sa mère, l'enchaîna et se mit à la flageller avec une lanière

de cuir en prononçant des mots sans signification pour les spectateurs indignés de voir un

fils battre sa mère. Certains essayèrent de l'arrêter, mais très vite ils se retrouvèrent

empêchés par une force mystérieuse qui créa un écran entre eux et lui.

 

La pauvre femme cria jusqu'au lever du jour. A l'aube, elle s'apaisa, demanda à manger et réclama les siens. La nouvelle fit le tour de la région et bientôt la maison des Messaoud devint un lieu où de toute part affluèrent les malades mentaux. Dès lors le jeune homme partagea son temps entre la prière et les soins aux aliénés. Quand il mourut, il fut enterré à l'endroit où il méditait. Autour du pieu où il attachait les patients, des cellules appelées «chambres du pardon», furent construites. Source: «Rites et secrets. Guérisseurs des marabouts de Casablanca» du docteur Mustapha Akhmisse.A peine arrivés dans la cour du mausolé, dallée de zellige aux couleurs vives, les fidèles se précipitent pour accéder à la chambre funéraire et se livrer à leurs rituels. Réunis autour de la tombe de Sidi Messaoud, certains hôtes du lieu prient à haute voix alors que d'autres préfèrent garder l'intimité de leurs pensées, pour ne la partager qu'avec le maître du temple.À l'intérieur de ce lieu de culte, des soupirs, des larmes, des secrets et des douleurs se mélangent avec les récitations du Coran et de panégyriques du Prophète pour réconforter les cœurs attristés. Au dire de quelques visiteurs, ce saint est connu pour son esprit apaisant et ses dons qui soulagent les malades mentaux. En effet, à quelques pas de la chambre funéraire de Sidi Messaoud s'érigent des cellules appelées «chambres de pardon». Ces pièces, qui ne dépassent pas 3 m sont souvent réservées aux aliénés. Ils y passent une ou plusieurs nuits pour «se calmer, apaiser leurs maux et retrouver paix et sérénité». Certains adeptes du saint trouvent également refuge dans ces chambres «pour fuir les cauchemars de la nuit et les problèmes familiaux». Pour les descendants de ce saint, leur arrière-grand-père était plutôt connu pour sa foi et ses connaissances religieuses, alors que certaines versions parlent de ses dons de guérisseur auprès des malades mentaux. Quelle que soit l'histoire qui attire ses fidèles, nul d'entre eux ne peut quitter ce «lieu de culte» sans embrasser la petite grille de ferforgé qui entoure l'endroit où on a inhumé Sidi Messaoud.

Caractéristiques de l'élément

Éléments matériels associés : bougies, encens ou tissus brodés

Personnes et institutions associées

Praticien(s) | Interprète(s) : Hommes et femmes